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Nous vous racontons ce qu'est devenu le nouveau projet Apple TV+ «Nombres dangereux», où Leo Woodall incarne un mathématicien génial qui fait une grande découverte et tente de sauver sa vie.

Imaginez un jeu vidéo où des graphismes impressionnants côtoient des bugs de contrôle, et où une intrigue épique s'effondre à la troisième mission. «Nombres dangereux» (titre original Prime Target, qui joue avec la terminologie des nombres premiers) est exactement ce genre de projet. La série Apple TV+ tente de croiser les mathématiques (Leo Woodall dans le rôle d'un scientifique qui découvre involontairement un crypto-algorithme via les nombres premiers), des aventures à la «Da Vinci Code» et un thriller d'espionnage (parfois même un film d'action !), mais au lieu d'un mélange réussi, on obtient un ensemble de clichés.

Le personnage principal, Edward, est un génie des mathématiques, mais sa palette émotionnelle est comparable à celle d'une calculatrice Casio. Woodall joue comme en mode économie d'énergie : même quand le garçon échappe à des tueurs, on dirait qu'il résout mentalement des équations quadratiques (ou autre chose que les génies des maths résolvent).

Nombres dangereux 2025
Capture d'écran de la série «Nombres dangereux»

La situation s'améliore un peu grâce à Quintessa Swindell et son personnage Taylah, qui travaille pour la NSA et tente de sauver le garçon. Leur dynamique avec Edward aurait pu, en théorie, sortir le projet du marasme des clichés du cinéma d'espionnage. Elle aurait pu donner une combinaison originale de «The Big Bang Theory» et d'une «Mission Impossible» avec Tom Cruise. Mais les créateurs ont étrangement oublié l'humour, la chimie et l'interaction active des personnages. Les dialogues des héros sont le plus souvent purement fonctionnels. Et leurs caractères sont esquissés à très gros traits.

En parlant de clichés, on remarque que les scénaristes ont assemblé le décor à partir de fragments d'autres projets : on y trouve le déjà mentionné «Da Vinci Code» (codes dans les monuments historiques, voyages à travers les pays pour trouver la solution), «Mr. Robot» avec sa techno-paranoïa, et tout autre thriller d'espionnage avec un ennemi «invisible». Les antagonistes de la série — des ombres caricaturales du gouvernement — sont tellement dépourvus de motivation qu'on dirait qu'ils ont été créés par une IA entraînée sur des chaînes Telegram de conspirationnistes.

Série Nombres dangereux
Capture d'écran de la série «Nombres dangereux»

Le problème vient aussi du fait que les créateurs du projet n'ont apparemment pas décidé ce qu'ils voulaient créer exactement. Thriller conspirationniste ? Policier politique ? Drame sur le génie ? La série oscille entre les genres comme un étudiant avant une session, et finit par échouer à tous les examens.

Si vous êtes fan de séries en fond sonore pendant que vous cuisinez, «Nombres dangereux» pourrait peut-être faire l'affaire. Mais pour ceux qui cherchent un thriller intellectuel du niveau de «Person of Interest», il n'y a rien à attraper ici. Après le visionnage, on a envie de s'exclamer : «Preuve incorrecte. Passons au problème suivant.»

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