
Depuis le 13 juin, le film d'animation hongrois « Les Quatre Âmes du Coyote » est à l'affiche en Russie, où les mythes des peuples autochtones d'Amérique rencontrent les préoccupations écologiques actuelles.
De nos jours, des adolescents amérindiens protestent contre la construction d'un oléoduc sur leur réserve (on pense immédiatement à ). Cherchant des réponses aux questions qui les préoccupent, ils se tournent vers l'ancien de la communauté, qui leur raconte sous forme de parabole le mythe de la création du monde et du péché originel.
Sur HBO, la quatrième saison de la série anthologique « True Detective » s'est achevée. Pour la première fois, le spectacle a été réalisé sans la participation de son créateur Nic Pizzolatto, mais malgré des audiences record,
Open materialDes projets comme « Les Quatre Âmes du Coyote » sont rares et précieux. En racontant une histoire archétypale pour de nombreuses cultures, mais à travers le prisme du folklore amérindien, les créateurs parlent de la menace que représente le consumérisme envers la nature, de l'importance de préserver les traditions nationales dans le monde moderne, de la cruauté du capitalisme et, enfin, du fait que la vision occidentale du monde, avec son anthropocentrisme marqué, est destructrice en soi. Et tout cela, le film d'animation ne le dit pas directement, mais entre les lignes, en plaçant correctement les accents dans l'histoire et en entrelaçant symboliquement mythes, colonisation et avancée des grandes entreprises.

Le personnage central du film d'animation est le Coyote, un anti-héros trickster, semblable au Loki scandinave et aux djinns arabes. C'est lui, et non le Créateur, qui, selon les légendes des peuples des Grandes Plaines, crée les humains à partir d'argile pour les dévorer et assouvir sa faim insatiable. Mais le Créateur, en punition, lui impose le rôle de guide pour ces nouvelles créatures. C'est le Coyote qui pousse les « Adam » et « Ève » locaux à commettre le péché originel : manger de la chair.
Et c'est le Coyote, qui incarne dans l'histoire le caractère destructeur de la consommation effrénée, qui amène les Européens dans le Nouveau Monde, mais, ayant reconnu leurs véritables intentions et sa propre erreur, il se lève pour défendre son monde. D'ailleurs, avec l'arrivée des colonisateurs sur le continent américain, l'image de cet animal dans le folklore populaire devient plus positive. Sans perdre son contenu satirique, il apparaît en même temps comme le protecteur du peuple amérindien, qui, grâce à son ingéniosité, repousse les invités indésirables. La présence de cet épisode dans le film reflète l'approche minutieuse de ses créateurs pour transposer le folklore à l'écran.

Bien sûr, il faut mentionner l'animation et la bande originale absolument magnifiques du film. D'un point de vue visuel, « Les Quatre Âmes du Coyote » n'est pas moins remarquable que les œuvres de Tomm Moore et Michaël Dudok de Wit. Je pense donc que nous entendrons encore parler du studio hongrois Cinemon à l'avenir. La bande originale du film est composée de chants ethniques à la croisée du folk et de l'indie, et contribue à une immersion authentique dans l'univers. Je souligne particulièrement le morceau de la scène d'ouverture : avec la citation au début, il donne parfaitement le ton à toute l'œuvre !
En résumé, « Les Quatre Âmes du Coyote » est un magnifique film d'animation-parabole sur des sujets d'actualité, même s'il se réfère à des histoires fictives et à des événements révolus. Le Hongrois Áron Gauder se demande si nous aussi n'avons pas quelque chose à apprendre des Amérindiens, par exemple leur relation au monde qui les entoure.
Bande-annonce :
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