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L'adaptation du best-seller « Black Flies », présenté l'année dernière au Festival de Cannes, est arrivée dans les salles de cinéma russes : le thriller choquant « Asphalt Jungle » avec Sean Penn et Tye Sheridan.

L'intrigue, en tant qu'ensemble cohérent, est absente du film Asphalt Jungle de Jean-Stéphane Sauvaire : le film se fragmente en plusieurs histoires terriblement naturalistes tirées de la pratique du novice Ollie (Tye Sheridan) en tant que paramédical. Le mentor du jeune stagiaire est le médecin aguerri Gene Rutkowski (Sean Penn). Ensemble, ils parcourent Brooklyn la nuit à bord d'une ambulance, philosophant sur les nuances de leur métier et l'opportunité de sauver des vies de malades incurables.

Image du film "Asphalt Jungle"
Image du film « Asphalt Jungle »

« Asphalt Jungle » est comme « End of Watch » de David Ayer, mais sur les services d'urgence et sans inserts comiques. Dans les scènes d'exercice du devoir professionnel, le caméraman recourt également souvent à la technique de la caméra à l'épaule, créant une illusion de pseudo-reportage (mockumentaire) et plongeant le spectateur dans l'horreur qui se déroule.

La violence montrée à l'écran est extrêmement naturaliste, à tel point que certaines scènes sont perçues comme un body horror pur et simple. Laissant la romance du travail médical aux séries procédurales, « Asphalt Jungle » cherche à montrer ce à quoi sont réellement confrontés ceux qui ont prêté le serment d'Hippocrate. Cela ne peut que marquer. Le film ne glorifie pas les sauveteurs, montrant que parmi eux se trouvent aussi des personnalités peu agréables (par exemple, le personnage de Michael Pitt), mais il parle du fardeau extrêmement lourd qui pèse sur leurs épaules.

Image du film "Asphalt Jungle"
Image du film « Asphalt Jungle »

Le New York à l'écran dans le film mérite une attention particulière. Le monologue de Rorschach des « Gardiens » s'intégrerait parfaitement sur les images d'« Asphalt Jungle ». C'est un lieu oppressant et infernal où prospèrent le crime organisé, la xénophobie et la toxicomanie. Des monstres tout aussi terrifiants peuplent cet enfer. Le film ne met finalement pas l'accent sur le facteur national, comme on pourrait le penser au début. Les trois premières histoires se déroulent dans un ghetto noir, un quartier mexicain et l'appartement d'un émigré russe.

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Roman Kovalev
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Mais en même temps, les Américains ordinaires qui ne font partie d'aucune minorité en prennent aussi pour leur grade ! Le film est objectif dans sa haine de l'humanité et ne stigmatise pas le problème, notant une tendance générale à la décomposition. C'est pourquoi le personnage de Sean Penn remarque métaphoriquement que nous sommes tous déjà divisés entre morts et mourants, et que maintenir l'existence de ces derniers n'est pas si nécessaire, surtout pour les mourants eux-mêmes.

Image du film "Asphalt Jungle"
Image du film « Asphalt Jungle »

La fin du film envoie néanmoins des notes humanistes d'espoir aux spectateurs, montrant que tout n'est pas perdu. Le réalisateur Jean-Stéphane Sauvaire n'en est pas à sa première incursion dans le monde des déshérités et des marginaux, des exclus de la société. Ses deux précédents films, « Punk » et « Johnny Mad Dog », en parlaient déjà. « Asphalt Jungle » est objectivement une œuvre maladroite et manifestement surchargée, qui ressemble plus à une chronique documentaire du quotidien professionnel qu'à un film de fiction, mais c'est aussi, comme on dit maintenant à la mode, une expérience captivante, capable de paralyser par son réalisme brutal les fans des slashers les plus sanglants.

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