
Fin juin, la série « Raïtsentr » est sortie sur Ivi. Que peut-on trouver dans un centre de district ordinaire de notre ville ? Une météorite, des trahisons, des intrigues et des enquêtes. Tout cela – dans les 8 épisodes de la série et dans notre arti...
L’histoire
Les anciens camarades de classe se réunissent dans le village de Varmaley pour fêter les 20 ans de leur obtention du diplôme. Au même moment, une voiture qui gisait au fond d’un étang depuis la soirée de remise des diplômes est repêchée, contenant un cadavre et un fragment de météorite. Une enquête s’ensuit, révélant de vieux secrets et conflits, compliquant les relations troubles des ex-camarades et de leurs professeurs, et arrachant les masques de ceux qui s’étaient habilement cachés derrière pendant 20 ans.
Météorite et tout le monde
Dans le premier épisode de la série « Raïtsentr », on nous présente les personnages principaux. Les anciens camarades de classe sont des héros hauts en couleur et légèrement hyperboliques, comparés à ceux que l’on croise habituellement.
Milka (Kristina Asmous) – la fille la plus populaire de la classe. Une fille prête à marcher sur les têtes avec ses talons hauts, et ses ongles acérés, dont la résistance impressionne jusqu’au dernier épisode, s’accrocheront à n’importe quelle opportunité. Couleurs roses, maquillage voyant mêlé de sang – la fille idéale pour une soirée, que dire de plus.
Vassia (Ivan Dobronravov) – le principal enquêteur du village de Varmaley. Un excellent détective, mais une personne qui ne comprend absolument rien aux relations humaines. Ses relations avec sa fille sont amusantes à regarder, mais avec les autres personnages, même sa femme, il communique surtout dans le jargon de la criminologie. Cette habitude est la marque de fabrique du personnage.
Anton (Dmitri Tchebotariov) – le principal voyou de la classe, et il l’est resté toute sa vie. Accessoirement, il est l’ex-mari de Milka. Toutes les scènes de la série liées à l’affirmation de la masculinité, à la coolitude et aux séquences d’action – tout cela concerne Anton et son éternel t-shirt blanc immaculé.
Mouchine (Igor Grabouzov) – le principal antagoniste de l’histoire. Il est impitoyable, il va jusqu’au bout de son objectif. On pourrait dire qu’avec Milka, ils sont comme les deux faces d’une même médaille de la folie. Seulement, si la fille ne s’intéresse qu’au profit, le garçon a besoin de comprendre pourquoi il agit ainsi.
Dinia et Grinia (Artiom Volobouïev et Nikolaï Aouzine) – impossible de séparer ces personnages, même dans la description. Le loser devenu député et son fidèle Sancho Panza.
La météorite – oui, elle aussi joue un rôle en tant que personnage. Ce petit morceau venu de l’espace, qui est passé entre les mains de presque tous les personnages, révèle les histoires de vie des héros locaux. La météorite est l’exemple parfait du macguffin. Pour chaque héros, elle représente un objectif important et un moyen d’obtenir ce qu’il désire – le bonheur, la justice, l’argent, ou même un simple apaisement.
Tout ce qui arrive à Varmaley reste à Varmaley
L’action se déroule dans un petit chef-lieu de district, coupé de la civilisation et entouré d’une forêt dense. Il faut aussi noter que l’action se situe en 2014. Ne vous attendez donc pas à des technologies ultra-modernes ou à des gadgets dernier cri.
D’ailleurs, il n’y a pas de connexion entre les personnages, ni sur le plan technique ni sur celui des relations. Chacun essaie d’une manière ou d’une autre de s’affirmer dans cette vie, ou de prouver aux autres qu’il a accompli beaucoup de choses. Comme Dinia, qui a grimpé les échelons jusqu’à devenir député. Il est amusant de noter que le réalisateur du film joue le rôle du chauffeur de Dinia. Encore plus amusante est la scène de son licenciement – regardez bien.
« Raïtsentr » est une comédie noire qui met à nu les vices humains. Si vous trouvez que le comportement des personnages est « excessif », ce n’est pas une impression. Les créateurs cherchent à révéler chaque personnage à travers des émotions extrêmes et des comportements outrés. Si c’est un député, un opérateur le suivra forcément pour filmer tous ses « exploits », et ses discours à l’écran seront exclusivement élogieux. Si c’est un rebelle, il sera forcément en blouson de cuir et dans la voiture ou la moto la plus classe.
La série « Raïtsentr » réussit également haut la main sa composante policière et ses éléments fantastiques. Et il est aussi amusant de constater que les titres des épisodes cachent parfois l’arme qui tuera tel ou tel personnage – cela ajoute du piquant au visionnage, pour ainsi dire.
L’atmosphère de la série est également agréable. Nous sommes dans un centre de district russe ordinaire – de petites constructions en bois, une petite rivière, des garages et une maison de la culture. Mais en même temps, on ressent le temps estival, le soleil brûlant. Grâce à cela, on n’a pas l’impression que des événements sanglants vont bientôt s’y dérouler, comme cela aurait pu être le cas dans la série « Fargo », avec laquelle on aime tant comparer ce projet.
Chercher les easter eggs et les références, notamment aux œuvres d’art, sera un plaisir supplémentaire lors du visionnage. Ainsi, dans le bureau de Vassia, une affiche des « X-Files » est accrochée, et les personnages de Tchebotariov et Maisinger reproduisent presque le tableau « Le Retour du fils prodigue » de Rembrandt.
Bref, cette série vaut vraiment la peine d’être regardée. Et la définition la plus précise de ce qu’est « Raïtsentr » a été donnée par ses créateurs :
C’est un sacré mélange de détective, de fantasy, de parodie, de thriller et de « comédie noire » des mœurs de la société, où il n’y a d’autre mesure que l’argent facile.
Bande-annonce :
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