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La comédie policière de François Ozon « Mon crime » sort dans les salles russes, où il revient au vaudeville — théâtralité provocante et passions exagérées. Nous découvrons ce qui se cache réellement sous cette naïveté ostentatoire.

Meurtre, scandale, principale suspecte : une femme. Comme dans « 8 femmes », à travers une histoire drôle, pleine d'esprit et délibérément grotesque, « Mon crime » de François Ozon étudie la condition des femmes. Et ce, dans les années 1930 (la pièce originale a été écrite par les stars du théâtre parisien Georges Berr et Louis Verneuil en 1934), dans les années 1950 (époque où se déroule « 8 femmes »), aujourd'hui, et bien sûr, avant et après, les femmes tentent invariablement de prendre leur revanche dans une société qui appartient aux hommes. 

L'actualité contemporaine — un parallèle avec Hollywood et Harvey Weinstein — se lit tout au long du film : harcèlement, bureaucratie, autodéfense. Pourtant, le thème sérieux des inégalités de genre va de pair avec des situations comiques — prenons par exemple la farce judiciaire où les accusateurs qualifient les femmes de dangereuses « par nature », tandis que la défense déclame des discours enlevés, comme si elle se produisait sur scène. Ainsi, même les épisodes les plus sombres sont présentés avec humour, et savoir rire soi-même et faire rire le spectateur des problèmes de la société est tout un défi.

Mon crime 2023
Image du film « Mon crime »

En cachant une réflexion sur la justice sociale derrière une procédure et une comédie enlevée aux répliques impeccables, Ozon semble oublier le principal mystère du « qui est le meurtrier ». Seules les premières images — une blonde, un immeuble, un coup de feu — qui citent Hitchcock, ressemblent à un thriller policier ; ensuite, l'intrigue sert de toile de fond au développement d'un récit d'évasion boulevardier exemplaire, avec une mise à jour sur la culture de l'annulation.

Cependant, cela ne dérange en rien. Au contraire, les apparitions comiques et immanquablement spectaculaires des héroïnes, accompagnées de dialogues amusants et étirés, permettent d'assimiler facilement l'idée de la solidarité féminine. Et la fausse impression d'un film léger, où l'on accorde autant d'attention aux mimiques excentriques, aux décors flamboyants Art déco, aux costumes et coiffures expressifs qu'au scénario, est habilement dissipée par les références éparpillées dans le film à la réalité — celle où les femmes sont encore vulnérables aujourd'hui. 

Regarder Mon crime
Image du film « Mon crime »

Souvent, un film qui parle avec légèreté « simplement de choses complexes » est bien plus difficile à réaliser que n'importe quel grand drame — Ozon le sait bien. Le charme du film « Mon crime » réside dans le fait qu'il a absorbé le meilleur du cinéma de divertissement et du film noir comique, sans oublier les sujets importants à aborder. C'est là que se niche le talent.