
Dans le film «Héros», Asghar Farhadi raconte une histoire ambiguë sur la morale et la vérité, et donne au spectateur la chance de réfléchir à la question : «Que ferais-je si je me retrouvais avec un sac plein d'or entre les mains ?»
Le réalisateur iranien Asghar Farhadi est connu depuis plus de 10 ans. Ses films participent régulièrement aux grands festivals de cinéma du monde et remportent toutes sortes de prix, dont l'Oscar. Et sa dernière œuvre, le film «Héros» (Ghahreman), ne fait pas exception. Le projet a reçu le Grand Prix du jury au Festival de Cannes, ainsi que des nominations aux Golden Globes et aux Oscars.
Ce succès peut s'expliquer par l'universalité de l'histoire racontée. Oui, la couleur locale et la culture iraniennes jouent un rôle important dans le film, mais les questions clés de la morale, du prix et de la valeur de la vérité, de l'influence des médias sur le destin d'une personne ordinaire sont compréhensibles dans tous les coins de la planète. Et grâce à la société Pro: Vzglyad, vous pouvez voir ce film dans les salles russes à partir du 3 mars.
Prendre ou ne pas prendre, telle est la question
Rahim (Amir Jadidi), condamné pour dettes, sort de prison en permission pour rendre visite à son fils, sa sœur et sa bien-aimée. La jeune fille lui raconte qu'elle a accidentellement trouvé un sac d'or. Elle lui propose ensuite d'utiliser cette trouvaille pour payer une partie de sa dette. Au début, Rahim accepte, mais décide ensuite de rendre le sac à son propriétaire.
La presse apprend cette histoire, et Rahim devient du jour au lendemain un héros local, ayant accompli une bonne action malgré les circonstances. Cependant, son créancier et certaines autres personnes doutent de la sincérité de l'acte du prisonnier.
«Héros» est construit sur le principe de «Slumdog Millionaire» : le spectateur se voit proposer deux interprétations également plausibles de l'histoire, l'invitant à déterminer lui-même si Rahim est vraiment un héros ou s'il est plutôt un manipulateur rusé qui utilise habilement la situation. Le balancier d'une vérité à l'autre tourne ici parfois à une vitesse incroyable, il faut juste arriver à se faire sa propre opinion.
Le pouvoir des médias et les questions de noblesse
En parlant de manipulations. Asghar Farhadi ajoute avec virtuosité à l'histoire des moments où un seul mot ou une seule action change radicalement l'impression de ce qui se passe. Ce faisant, il ne diabolise pas tant qu'il ne constate comment une distorsion même mineure des faits par les médias et les réseaux sociaux peut instantanément élever une personne sur un piédestal ou, tout aussi bien, détruire son destin.
L'un des thèmes clés du film «Héros» est la question de la noblesse. L'auteur réfléchit à la valeur que ce concept a encore aujourd'hui, et, avec le personnage central, s'étonne parfois de voir à quel point tout est remis en question et comment les gens voient des motifs intéressés partout. Il ne fait aucun moralisme ni résumé évident. Comme dans tous les autres aspects de l'histoire, il semble faire écho à Alexeï Pivovarov : «Tirez vos propres conclusions».
Le principal défaut du film «Héros» est probablement sa lassitude. Ce n'est pas tant une question de longueur de l'intrigue (bien que cela soit aussi présent), mais plutôt de répétitions. Lorsque les mêmes procédés se répètent encore et encore, la prévisibilité augmente et, en tant que spectateur, on s'ennuie.
Faut-il regarder le film «Héros» ?
Asghar Farhadi a réalisé un film aussi ambigu que l'histoire qu'il raconte. D'un côté, il soulève un certain nombre de sujets importants et intéressants, offrant une excellente plateforme de réflexion sur son propre comportement potentiel dans une situation similaire ; de l'autre, l'auteur s'est trop laissé emporter par l'enchaînement des rebondissements, qui deviennent de plus en plus ennuyeux à chaque nouveau tournant. Mais il est quand même utile de regarder un tel film — pour le décor iranien, toujours exotique pour le spectateur russe, et pour quelques épisodes vraiment intéressants du point de vue moral.
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