Preview image

« Little Fish » est un rare film sur la pandémie qui pourrait vous plaire.

Voilà déjà deux ans que nous vivons à l'ère de la pandémie avec tout ce que cela implique : une maladie mortelle, des restrictions sociales et autres. Cette nouvelle réalité a placé les cinéastes dans des conditions difficiles, mais leur a en même temps ouvert un espace d'expression créative. L'une des tentatives les plus marquantes de donner un sens à cette expérience inhabituelle est le film romantique « Little Fish ». L'action se déroule en pleine pandémie, mais d'une nature quelque peu différente de celle que nous connaissons de première main.

Qu'est-ce que l'amour, sinon une série de souvenirs partagés ?

La relation entre Emma (Olivia Cooke), vétérinaire, et Jude (Jack O'Connell), photographe, est menacée par un virus qui se propage rapidement et efface la mémoire des gens. Personne n'est à l'abri de se retrouver un beau jour sans connaissance de son proche, voire de soi-même. Et cette circonstance rend chaque moment partagé unique et, peut-être, le dernier.

Critique du film "Little Fish"

Par son ton visuel et son style narratif, « Little Fish » évoque fortement une autre histoire d'amour fantastique où la mémoire occupait une place prépondérante : le film « Eternal Sunshine of the Spotless Mind ». On y retrouve de nombreux plans stylisés et méticuleux aux tons sourds. À l'instar du film de Michel Gondry, celui-ci est également un kaléidoscope de différents épisodes de la vie des personnages, dispersés de manière chaotique dans la durée.

Little Fish Olivia Cooke

Néanmoins, le réalisateur du film, Chad Hartigan, réfléchit dans son œuvre sous un angle quelque peu différent. Il s'intéresse davantage à la question de savoir si les gens peuvent s'aimer instinctivement, sans lien avec une histoire vécue. Dans toute cette histoire éphémère et non linéaire, on perçoit des tentatives de comprendre ce qui resterait si les moments d'union et de tendres souvenirs échappaient littéralement à nos doigts, si les liens psychologiques et émotionnels entre les personnes peuvent vaincre la physiologie.

Little Fish 2021

Beau, réfléchi, mélancolique

Dans l'histoire d'amour des personnages d'Olivia Cooke et Jack O'Connell, il n'y a pas d'éclats uniques ou éclatants. Pas de déchirement, pas de rencontre surprenante ni de série de disputes. Mais on ne peut pas la qualifier de dénuée d'émotion. Les acteurs dépeignent avec une grande finesse et sensibilité les moments du quotidien : des baisers dans une boîte de nuit aux promenades avec le chien. Et cette simplicité, renforcée par le travail stylé du directeur de la photographie Sean McElwee, accroche vraiment. Elle permet de s'attacher à ces jeunes gens simples et compréhensibles, à leurs sentiments et à leur complicité. Et c'est aussi ce qui permet de ressentir pleinement la fin inévitablement proche de l'histoire, qui saura pourtant vous surprendre.

Regarder le film Little Fish

« Little Fish » est une histoire sombre, mais très belle et intime d'un amour véritable, brillamment interprétée par Olivia Cooke et Jack O'Connell.

Bande-annonce :