Preview image

Justin Benson et Aaron Moorhead — réalisateurs de films d'horreur, cinéphiles et touche-à-tout. L'avenir de notre art bien-aimé repose sur des personnes comme eux.

Les noms de Justin Benson et Aaron Moorhead ne diront probablement pas grand-chose au grand public. Pourtant, les amateurs de cinéma indépendant inventif et plein d'esprit, à la croisée de l'horreur et de la science-fiction, ont depuis longtemps repéré ce duo, formé lors d'un stage chez Ridley Scott.

Benson et Moorhead sont des passionnés de cinéma, écrivant eux-mêmes les scénarios, réalisant, filmant, créant des effets spéciaux et jouant. Bref, sur un plateau de tournage, ils savent tout faire. Nous pensons que l'avenir du cinéma de genre moderne repose sur des personnes comme eux.

Un parcours unique

En 2012, Benson et Moorhead sortent leur premier long métrage, « Resolution », qui suit deux amis, l'un tentant d'aider l'autre à se libérer de sa dépendance à la drogue.

Comme souvent, ce premier film a été présenté dans un festival de cinéma indépendant, où il a reçu des retours majoritairement positifs. On ne peut pas parler d'un succès fulgurant ni d'une ascension hollywoodienne vers le gratin des réalisateurs et la réalisation de blockbusters emblématiques. Justin Benson et Aaron Moorhead ont choisi une autre voie.

Justin Benson et Aaron Moorhead

Il est à noter que « Resolution » est devenu plus tard le point de départ du film le plus connu du duo à ce jour, « The Endless ». Les cinéastes plaisantent en disant qu'étant des réalisateurs fauchés au moment du tournage de « Resolution », ils ne pensaient pas du tout à créer leur propre univers cinématographique. En même temps, le monde de leur premier film ne les a pas lâchés pendant longtemps. Ils en discutaient dans des bars et pendant les pauses de leurs autres projets, notant des idées et des concepts, ce qui a finalement abouti à « The Endless ». La condition principale que Benson et Moorhead se sont fixée était que le nouveau film devait pouvoir être regardé sans avoir vu « Resolution ».

Resolution Benson Moorhead

Entre ces deux films du même univers (d'ailleurs, lisez cet intéressant article sur DTF sur les liens entre les films), Justin Benson et Aaron Moorhead ont participé à l'anthologie « V/H/S/2 » et ont réalisé un autre film d'horreur non conventionnel, « Spring ». Sur Internet, on trouve des descriptions de ce film comme « body horror », « conte de fées effrayant », « nouvelle variation de La Belle et la Bête », « film d'horreur inversé », etc. Toutes ces descriptions ne sont pas loin de la vérité, car dans ce film, le duo, malgré l'emballage d'un film d'horreur typique sous lequel ils ont essayé de le « vendre » au public, a travaillé à la croisée de plusieurs genres.

Spring 2014

Dans l'histoire, un jeune Américain part en vacances en Italie, où il rencontre une beauté incroyable avec laquelle il s'entend immédiatement. L'Américain remarque vite que sa nouvelle conquête cache quelque chose...

« Spring », comme les autres œuvres de Moorhead et Benson, est un film conceptuel. Il repose sur une réflexion intéressante sur la frontière entre la physiologie et la chimie (c'est-à-dire l'amour).

Après « Spring », le film « The Endless » a vu le jour, où plusieurs questions étaient au centre — la boucle temporelle, les relations familiales, la peur de l'inconnu. Ce qui distingue les œuvres de Benson et Moorhead, c'est l'ingéniosité. Que peut-on raconter d'original dans le cadre d'une histoire centrée sur le fait de placer des personnages dans une boucle temporelle ? Et si on en faisait plusieurs boucles ? Et si elles avaient des durées différentes ? Et si les personnages ne s'y opposaient pas, mais l'acceptaient comme une bénédiction ? Ces questions et bien d'autres sont justement soulevées par les grands originaux Benson et Moorhead.

The Endless

Les deux compères admettent qu'après « The Endless », l'intérêt des grands studios à leur égard a nettement augmenté, mais ils ne se précipitent pas pour accepter la première offre venue. Avec votre permission, voici une citation textuelle des cinéastes qui reflète clairement leur position sur le tournage de grands films :

Nous voyons sortir en salles des films — il y en a pas mal, d'ailleurs — qu'on nous a proposés ou qu'on aurait pu essayer de faire, et je vous le dis honnêtement, dire « non » n'a pas été trop difficile. Si le film n'est pas très bon, la tentation est faible. Deux ans d'agonie et la honte à la fin — de quoi rêver ?

Le duo a tout de même participé à un projet sérieux et notable. Ils ont fait partie du reboot de la célèbre série « La Quatrième Dimension », en réalisant l'un des épisodes de la deuxième saison.

L'ingéniosité dans les détails

Les films réalisés par Justin Benson et Aaron Moorhead se distinguent par une approche créative dans pratiquement chaque scène. Cela est dû non seulement à la créativité des deux hommes, mais aussi à un simple manque de moyens pour créer des effets spéciaux grandioses ou utiliser des décors coûteux.

Pourtant, les cinéastes n'attendent pas que les choses leur tombent toutes cuites dans le bec ; ils obtiennent des résultats honorables avec les moyens du bord, un excellent travail de caméra et des astuces ingénieuses. Exactement comme le faisaient à leur époque de nombreux maîtres du cinéma actuels, de Steven Spielberg à Robert Zemeckis en passant par Ridley Scott.

Regarder The Endless

Il n'est pas rare qu'ils laissent de nombreux épisodes hors champ, ce qui crée des scènes poignantes et mémorables. Prenons par exemple le moment de la corde suspendue dans le ciel dans « The Endless ». Le duo adopte la même approche dans son activité de production, car ils aident depuis peu d'autres jeunes cinéastes. Par exemple, dans le film « After Midnight », le monstre se tient constamment derrière la porte de la maison du protagoniste, ce qui ne fait qu'ajouter à la peur de l'inconnu.

After Midnight

Benson, Moorhead et le nouvel espoir

Le travail sur des scènes ingénieuses, combiné à des scénarios solides, donne aux films de Benson et Moorhead un charme supplémentaire de cinéma d'auteur et fait naître l'espoir que tant qu'il y aura de tels passionnés, des films intéressants et originaux continueront de ravir les spectateurs, face aux créations de studios dénuées d'âme et aux budgets colossaux.