Aujourd'hui, je vais vous parler d'un projet d'animation insolite que vous pourrez bientôt voir au cinéma (à partir du 30 juillet).
«Nepokoy» de Leonid Shmelkov est un film d'animation difficile à qualifier de simple dessin animé. C'est un film visqueux, angoissant et fascinant, qui ressemble davantage à un thriller surréaliste ou à un rêve dont on n'arrive pas à se réveiller. Le créateur du viral «Andrey le chien bleu» présente une œuvre adulte et philosophique qui divisera sûrement les spectateurs entre ceux qui se laisseront emporter par sa magie et ceux qui resteront perplexes.
L'intrigue est trompeusement simple : le héros principal Yasha et son ami apathique Bernard se perdent et s'arrêtent dans un hôtel délabré «Rosa» au milieu de champs infinis. Le matin, il s'avère impossible de partir — toutes les routes ramènent en arrière. Une étrange série d'événements se produit à l'hôtel : les clients, parmi lesquels un tigre qui fume et un homme qui se transforme en pyramide, commencent à disparaître un par un. Le réalisateur lui-même décrit son film comme un mélange de l'esthétique de David Lynch avec «Un jour sans fin».
Le principal atout de «Nepokoy» est son atmosphère visuelle et sonore unique. Le film est réalisé en utilisant la technique de la rotoscopie : des acteurs réels ont été filmés en vidéo, puis les animateurs ont redessiné le matériau image par image, créant une image à la fois réaliste et déformée. Cette méthode confère aux personnages et à leurs mouvements cette plastique onirique légèrement incorrecte. Dans une certaine mesure, par son atmosphère et son style, le film rappelle l'épisode «Mozharovo» de l'anthologie de l'horreur russe, qui avait à l'époque impressionné les spectateurs.
«Nepokoy» est un film d'ambiance difficile, pas une histoire cinématographique classique avec une intrigue claire. Le réalisateur laisse délibérément un espace d'interprétation et d'imagination au spectateur, s'inspirant du réalisme magique de Cortázar et réinterprétant dans un certain sens le mythe d'Ulysse. L'hôtel y apparaît comme une métaphore d'un état limite, d'un purgatoire où les héros traversent leurs peurs et leurs désirs, mais sans possibilité d'en sortir.
Il faut cependant être prêt à ce que le film ne donne pas de réponses claires. Il laisse plutôt un arrière-goût qu'une clarté. Et donc ne soyez pas surpris si l'absence délibérée de logique et l'obsession des images peuvent vous fatiguer. Mais ceux qui apprécient le cinéma d'auteur et aiment fouiller dans la complexité qui se présente à l'écran, prêts à plonger dans l'inconscient et sans peur des métaphores complexes, «Nepokoy» les captivera sûrement et ne les lâchera pas jusqu'à la fin, les obligeant à chercher leur propre sens dans ce labyrinthe quelque peu lynchien.
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