Le nouveau film avec Alan Ritchson est sorti en salles, où ce sont les rockers qui parlent à la place du héros. Le film de Patsy Ponchirori est vraiment enflammé dans tous les sens du terme. Mais parfois, les répliques dans la bouche des héros sont nécessaires.
Détroit, années 1970. John Miller (Alan Ritchson), un simple ouvrier d'usine automobile, commet une erreur fatale : il tombe amoureux de Sofia (Shailene Woodley), la petite amie d'un caïd local (Ben Foster). Il a même le temps de lui demander sa main, mais le châtiment arrive vite et sournoisement — fausse accusation, procès, de longues années derrière les barreaux. Et quand John sort de prison, une seule idée lui trotte dans la tête : une soif froide de vengeance terrible contre celui qui lui a tout pris.
Le nouveau film d'action de Patsy Ponchirori, l'auteur du magnifique western « Old Henry », tourne principalement autour de l'imposante silhouette d'Alan Ritchson — un acteur qui, à chaque rôle, conquiert de plus en plus sa place dans le cinéma masculin, occultant l'écran par la seule texture de son torse. Cette fois, Ponchirori, déjà bien établi dans le genre, décide de sortir des sentiers battus : dans « Motor City », il se débarrasse complètement des dialogues. Seuls les craquements d'os et les coups bien sentis.

Et ces coups sont légion dans « Motor City ». Ritchson n'est pas seulement à l'aise dans cet élément — il devient le vecteur de l'énergie du cinéma testostéroné des années quatre-vingt dans toute sa fureur primitive. Le mutisme des personnages — un procédé déjà essayé par John Woo dans « Silent Fury » (là-bas, il était forcé), et chez Woo, il a fonctionné impeccablement. Ponchirori, lui, remplace les mots par la musique : la bande originale du film est entièrement composée de classiques du rock, chaque chanson étant liée à une scène spécifique et censée en être le souffleur invisible.
Ce n'est pas un truc très compliqué : beaucoup l'ont fait, il suffit de penser à Martin Scorsese. Mais dans « Motor City », cela se transforme parfois en un très long clip vidéo, alourdi en plus par un ralenti constant. Et l'obstination des héros à se taire déroute parfois. Les scènes qui exigent simplement quelques répliques se noient dans le rugissement des guitares, ce qui ne favorise pas la compréhension avec le spectateur. Parfois, il faut simplement deviner ce que, en principe, le tissu même du film dit ouvertement. Oui, cette « astuce » sort certes « Motor City » de la cohorte de ses semblables monotones, mais à un moment donné, elle devient un fardeau capable d'entraîner par le fond même l'inébranlable Ritchson.

Heureusement, Ponchirori garde le meilleur pour la fin, et pour le troisième acte, on peut facilement pardonner à l'auteur tous les défauts énumérés. Là, le réalisateur, comme on dit, oublie la pédale de frein, comme un vrai rockeur. Le héros de Ritchson fabrique un couteau en caramel, grogne comme un animal blessé, s'évade de prison grâce à ses frères d'armes — bref, il se transforme définitivement en machine de vengeance. L'apparition des amis, d'ailleurs, ne permet pas de se défaire de l'idée que l'une des références de Ponchirori était peut-être « Desperado » de Robert Rodriguez — des profils tout aussi silencieux, capables de raser une demi-ville pour un ami.
Ensuite, le spectateur assiste au combat principal contre le flic ripou dans l'ascenseur. Avec une seule scène, Ponchirori a surpassé d'une tête tous ceux qui se sont évertués à se surpasser les uns les autres. Comme, par exemple, le metteur en scène de « Fureur vivante » (récent favori du genre) Kenji Tanigaki, qui créait des constructions complexes et poussait l'absurde dans certaines issues de combats. Ponchirori, lui, a simplement donné aux personnages un fusil à canon scié et un couteau, les a enfermés dans un espace clos et s'est entièrement fié à son intuition.
Certes, avant cela, le spectateur devra supporter la perruque ridicule de Ritchson et des mises en scène un peu éculées avec une touche d'adultère classique. Oui, « Motor City », malgré sa dureté concentrée et sa brutalité ostentatoire, est avant tout un film sur l'amour simple et terrestre, qui, de temps en temps, arrive. Pour lequel on tue, on purge sa peine et on sort pour tuer à nouveau.
Pour le confirmer une fois de plus, Ponchirori fabrique une seconde fin totalement inutile, comme une scène post-générique, en mettant dans la bouche de Ritchson une seule réplique. Juste pour être plus convaincant. Mais à la sortie du cinéma, cette pensée s'évapore instantanément, et il ne reste en mémoire que le mutisme austère du héros principal, qui ne sait pas plaisanter, mais qui sait aimer jusqu'au bout et réduire ses ennemis en poussière.

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