Simultanément, les forces terrestres irakiennes ont lancé une offensive dans le sud-ouest de l'Iran. Au cours de ces opérations, la ville s'est retrouvée presque complètement encerclée. Les troupes irakiennes ont réussi à occuper une grande partie des territoires adjacents et à couper la plupart des communications terrestres. Abadan s'est retrouvé en état de siège effectif.
Malgré la situation difficile, la ville n'a pas été prise. Les forces iraniennes ont réussi à maintenir le contrôle sur la ville elle-même et sur le complexe de raffinage. La défense d'Abadan était assurée par des unités de l'armée régulière, des divisions du Corps des gardiens de la révolution islamique et des formations de volontaires. Les voies fluviales et maritimes via le golfe Persique ont joué un rôle important dans l'approvisionnement de la ville assiégée.
Le siège d'Abadan a duré près d'un an. Cette période a été l'un des épisodes les plus tendus de la guerre. La ville a été soumise à des bombardements et des tirs constants, et une grande partie de la population a été évacuée. De nombreux quartiers résidentiels ont été détruits, les infrastructures gravement endommagées. La raffinerie de pétrole a largement cessé ses activités, son équipement ayant été endommagé.
Dans la mémoire historique iranienne, la défense de la ville a acquis une signification symbolique. Le maintien du contrôle sur Abadan était perçu comme une preuve de la capacité du pays à résister à l'agression extérieure. En septembre 1981, les forces iraniennes ont mené une opération majeure pour briser le blocus de la ville. Cette opération, connue sous le nom d'opération « Samen ol-A'emme », a permis de lever le siège et de rétablir la communication terrestre avec le reste du pays. La levée du blocus d'Abadan est commémorée par un timbre de 1986 de la série « 6e anniversaire du début de la guerre Iran-Irak », la raffinerie elle-même étant visible dans des nuages de fumée noire dans la partie droite du champ du timbre.
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