Étonnamment, les principaux concurrents dans la construction d'univers cinématographiques pour le Marvel Cinematic Universe ne sont pas les voisins de la bande dessinée de DC et Warner Bros. Les rivaux des hommes en justaucorps sont devenus des lézards de cent mètres, des dragons à trois têtes extraterrestres et un gorille géant avec de nets problèmes de communication.
Bienvenue dans le MonsterVerse — l'univers cinématographique du studio Legendary, qui depuis 2014 construit lentement mais sûrement son propre monde mythologique, où la fin du monde est un mardi ordinaire.
Aujourd'hui, cet univers compte cinq longs métrages, une série animée et la très médiatisée « Monarch : Legacy of Monsters », dont la deuxième saison a débuté en février 2026. Il est temps de comprendre de quoi il retourne.
Attention : cet article contient des spoilers sur les films et séries de l'univers MonsterVerse
Qu'est-ce que « Monarch », à quoi sert cette organisation et quel est le rôle d'APEX Cybernetics

Avant de regarder quoi que ce soit du MonsterVerse, il est important de comprendre : au centre de tout l'univers se trouve non pas Godzilla ni Kong, mais l'organisation scientifique secrète « Monarch ». C'est un mélange entre la CIA, la NASA et un club d'intérêt pour les gens qui ont vu quelque chose de très grand et ne peuvent pas l'oublier.
« Monarch » a été fondée après la Seconde Guerre mondiale. Sa mission est d'étudier et de cataloguer les Titans — des créatures géantes qui, comme on le découvre avec le temps, ont toujours vécu sur Terre bien avant les humains, se cachant dans les entrailles de la planète et se nourrissant d'énergie géothermique et nucléaire.
L'organisation travaille dans l'ombre, ses bases secrètes sont disséminées dans le monde entier, et ses employés doivent à un moment donné expliquer aux gouvernements de différents pays pourquoi, en fait, ils n'ont pas prévenu qu'un mutant de cent mètres vivait sous terre.
La question principale que se pose tout le MonsterVerse : les Titans sont-ils une menace ou une partie de l'ordre naturel des choses ? La réponse a changé de film en film et continue de changer aujourd'hui.
Si « Monarch » est la science pour comprendre, alors AET / Apex est la science pour contrôler. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant.
Avant 2014, la société s'appelait AET — Applied Experimental Technologies (« Technologies expérimentales appliquées »). Sur le papier, une start-up technologique de pointe de Floride, spécialisée dans les neuro-interfaces, la robotique et « l'aide aux gens » : « rendre la vue, rendre la capacité de marcher » — c'est exactement avec ces mots qu'ils recrutaient de nouveaux employés. En réalité, dès cette époque, la société menait des expériences secrètes d'implantation de dispositifs cybernétiques dans les crânes de chimpanzés, essayant de comprendre comment contrôler de l'extérieur le système nerveux d'un être vivant.
C'est exactement ce qu'a découvert Cora (alias May de la série « Monarch : Legacy of Monsters ») lorsqu'elle a été recrutée comme codeuse freelance talentueuse. Elle a détruit la base de données de recherche et s'est enfuie. Ce moment a, en substance, retardé l'achèvement du projet Mechagodzilla de plusieurs années.
L'étape charnière est survenue en 2014-2015. Lorsque Godzilla est apparu à San Francisco et que le monde a appris la vérité sur les Titans, le PDG d'AET, Walter Simmons (Demian Bichir), y a vu non pas une menace, mais un défi. Sa logique était simple : s'il existe quelque chose de plus fort que l'homme, alors il faut construire quelque chose de plus fort que cela. AET a fait un rebranding, a obtenu un nouveau logo, un nouveau discours sur « la protection de l'humanité » — et un nouveau nom : Apex Cybernetics. Tout cela s'est produit vers 2015, comme le confirme l'appel à Simmons dans le septième épisode de la première saison de « Monarch ».
Parallèlement, Apex a conclu, par l'intermédiaire d'intermédiaires, un accord secret avec « Monarch » — vraisemblablement pour obtenir l'accès à des échantillons biologiques de Titans, y compris les œufs de Skullcrawlers de l'Île du Crâne. Ce que « Monarch » a reçu en échange n'a pas encore été révélé, et c'est l'une des questions non résolues les plus intrigantes de l'univers.
En 2024, on découvre qu'Apex n'a pas disparu après la destruction de Mechagodzilla — la société possède une base secrète sur l'Île du Crâne, et dans la deuxième saison de « Monarch », c'est là que se déroulent les événements de plusieurs épisodes clés. Le nouveau programme d'Apex implique clairement des plans plus ambitieux pour contrôler les Titans, et pas seulement les détruire.
La différence fondamentale entre « Monarch » et Apex n'est pas dans les moyens, mais dans la philosophie. « Monarch » a accepté les Titans comme faisant partie du monde. Apex considère que poser la question ainsi est une capitulation. Le discours final de Walter Simmons dans « Godzilla vs Kong » peut être résumé de manière exhaustive à la description de toute l'entreprise : « La nature n'a pas eu le dernier mot ».
Cette présomption l'a littéralement tué : Mechagodzilla, contrôlé par l'esprit de King Ghidorah, a d'abord tué son créateur. Une ironie remarquable.
Chronologie : que se passe-t-il dans quel ordre

L'univers couvre des événements sur près de 80 ans — et c'est l'un de ses aspects les plus fascinants.
| Année | Événement |
| 1943 | Le navire de guerre américain « Lawton » coule à la suite de l'attaque d'une créature géante. Le seul survivant est le scientifique Bill Randa |
| 1950s | Le lieutenant Lee Shaw et la scientifique Keiko Randa (épouse de Bill) rencontrent pour la première fois les Titans. Naissance de « Monarch » |
| 1954 | Première apparition enregistrée de Godzilla. Les essais d'armes nucléaires dans le Pacifique sont en réalité des tentatives de le tuer |
| 1973 | Expédition de « Monarch » sur l'Île du Crâne. Découverte de Kong. Mort de Bill Randa |
| 2014 | Godzilla apparaît à San Francisco. Bataille contre les MUTOs (Massive Unidentified Terrestrial Organisms). Le monde apprend l'existence des Titans |
| 2015 – 2017 | Kate et Kentaro Randa (petits-enfants de Keiko) retrouvent leur grand-mère dans ce qu'on appelle l'« Axe du Monde » (Axis Mundi) ; pour elle, seulement 57 jours se sont écoulés. À la fin de la saison, ils quittent l'Axe du Monde et se retrouvent en 2017, et non en 2015 |
| 2019 | Réveil de King Ghidorah, Mothra, Rodan. Bataille à Boston. Godzilla devient le Roi des Monstres |
| 2021 | Apparition de Mechagodzilla. Bataille de Godzilla et Kong à Hong Kong |
| 2024 | Kong trouve ses congénères dans la Terre Creuse. Bataille unie contre le Roi Scar |
Les films de l'univers
« Godzilla » (2014)
Le réalisateur Gareth Edwards a donné le ton à tout l'univers dès le premier film, en déclarant figurativement qu'ici les monstres sont une catastrophe naturelle, pas une attraction. L'histoire commence par une tragédie dans une centrale nucléaire japonaise (on découvrira plus tard qu'il s'agissait d'un MUTO éclos — une créature parasite se nourrissant de radiations), et quelques années plus tard, ces MUTOs se réveillent à nouveau.
Ce qui se passe : une femelle MUTO, en route vers San Francisco où elle doit rencontrer un autre parasite pour se reproduire, détruit Las Vegas. Godzilla entre en scène — et, à la surprise des militaires, il ne vient pas pour exterminer les humains, mais les parasites. À la fin, le lézard radioactif, après avoir éliminé la menace, retourne dans l'océan. La foule le regarde s'éloigner. Sur un écran de télévision, on demande : « Le Roi des Monstres — le sauveur de notre ville ? » Edwards montre alors un tas de cadavres et San Francisco en ruines. Voilà l'ambiguïté.
Pourquoi c'est important : c'est ici qu'est posée la philosophie principale de l'univers — Godzilla n'est ni le bien ni le mal, il est l'équilibre naturel. Un peu comme un tremblement de terre, mais avec un souffle atomique et un visage plus expressif.
« Kong : Skull Island » (2017)
Stylistiquement, ce film est l'opposé complet des débuts sombres de l'univers cinématographique. Le réalisateur Jordan Vogt-Roberts a réalisé un film d'action déchaîné, coloré et complètement déjanté dans l'esprit des fantasmes apocalyptiques de la fin des années 1970 : tout le film est imprégné de l'esprit de la guerre du Vietnam, la bande originale est composée de rock, et Kong apparaît dans les vingt premières minutes — parce que pourquoi attendre.
Ce qui se passe : en 1973, un groupe de scientifiques et de militaires arrive sur l'Île du Crâne secrète — et y instaure immédiatement un Vietnam miniature. Kong détruit les hélicoptères parce que, selon lui, ils sont venus avec de mauvaises intentions. Les survivants apprennent la vérité : Kong est le gardien de l'île, le dernier de son espèce, protégeant les habitants locaux des Skullcrawlers — des créatures de la Terre Creuse. C'est ici qu'apparaît pour la première fois le concept de la Terre Creuse — un monde souterrain d'où proviennent tous les Titans.
Pourquoi c'est important : c'est « Skull Island » qui introduit l'idée même de la Terre Creuse comme patrie des Titans — le pilier de toute la mythologie ultérieure. De plus, la scène post-générique où les survivants regardent des dessins de Godzilla, Mothra, Rodan et King Ghidorah — ce moment vaut le détour pour comprendre immédiatement où se dirige la franchise.
« Godzilla 2 : Roi des Monstres » (2019)
Si le premier « Godzilla » était un thriller lent et atmosphérique sur ce que c'est que de vivre à côté d'un « dieu », la suite du réalisateur Michael Dougherty a décidé de prendre le taureau par les cornes. Ou le dragon par la tête. Trois têtes, pour être précis.
Ce qui se passe : la scientifique écologiste radicale Emma Russell (le lien de nom de famille est amusant, mais nous reparlerons de Kurt et Wyatt Russell plus tard) vole le dispositif acoustique « Orca » qui contrôle les Titans et réveille King Ghidorah — un dragon extraterrestre à trois têtes emprisonné dans la glace de l'Antarctique. Ghidorah commence immédiatement à réveiller d'autres Titans dans le monde entier, avec l'intention, en substance, de refaire la planète à son image.
Rodan se réveille d'un volcan mexicain et Mothra d'une cascade sacrée en Chine. Le premier se range du côté de Ghidorah. La seconde, comme on le découvre, est biologiquement liée à Godzilla depuis l'époque des dinosaures.
La bataille finale à Boston est l'un des meilleurs affrontements de kaiju de l'histoire du cinéma. Mothra se sacrifie, donnant le reste de son énergie à Godzilla, qui se transforme en une version thermonucléaire de lui-même, incinérant tout autour.
Pourquoi c'est important : ici, l'univers acquiert sa mythologie principale : les Titans sont un écosystème. Ghidorah est une anomalie, un élément étranger qui détruit littéralement l'équilibre biologique de la Terre. Godzilla est le « système immunitaire » de notre planète. Ce n'est pas une métaphore évidente, mais elle fonctionne.
« Godzilla vs Kong » (2021)
Le film le plus rentable de l'univers — et on comprend pourquoi. Il contient le moins de réflexion et le plus de combats de « poings » géants. Le réalisateur Adam Wingard, connu pour ses films d'horreur indépendants, a réalisé un film rapide et, honnêtement, un peu fou sur ce qui se passe quand deux Titans alpha restent dans le même monde.
Ce qui se passe : Kong, sous la surveillance de « Monarch », vit sur l'Île du Crâne isolée, tandis que Godzilla commence soudainement à attaquer les bases de recherche de la société Apex Cybernetics. Kong est choisi comme guide vers la Terre Creuse, car il y a là une source d'énergie pour le mystérieux projet d'Apex. Il s'avère qu'Apex construit Mechagodzilla — un robot contrôlé par les réseaux neuronaux de la tête coupée de King Ghidorah. La tête a ses propres pensées. De mauvaises pensées.
Kong trouve dans la Terre Creuse sa maison et une hache géante faite à partir de la nageoire dorsale (épine dorsale) d'une créature de l'espèce de Godzilla. Les scènes de combat dans le Hong Kong violet néon sont toujours spectaculaires — un peu comme si quelqu'un organisait un match de boxe directement sur une discothèque lumineuse et musicale, mais avec des combattants de la taille d'un gratte-ciel.
Pourquoi c'est important : ici, la Terre Creuse est introduite comme un deuxième monde à part entière avec son propre écosystème, et elle devient le lieu principal du film suivant.
« Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire » (2024)
Le film visuellement le plus extravagant de la série — et, probablement, le moins sérieux. Wingard est de nouveau aux commandes, et cette fois, il s'est définitivement libéré de la nécessité de faire semblant de tourner un « vrai » film. C'est une attraction colorée où Godzilla prend un bain dans le Colisée entre les combats, et Kong reçoit une prothèse mécanique de bras et élève un petit gorille orphelin.
Ce qui se passe : dans la Terre Creuse, on découvre un empire secret de grands singes dirigé par le tyran Roi Scar — qui tient en esclavage le Titan de glace Shimo. Shimo est littéralement un brontosaure de l'apocalypse glaciaire : son souffle peut provoquer une nouvelle ère glaciaire. Kong, bien sûr, entre dans la bataille et en prend plein la figure — puis va demander de l'aide à Godzilla. Ce dernier est d'abord contre, mais Mothra (oui, elle est ressuscitée) le convainc. L'alliance est conclue.
La bataille finale se déplace à Rio de Janeiro, où Shimo commence à geler le ciel au-dessus de la ville. Kong brise le cristal de contrôle sur Shimo — et celle-ci, étant en substance une victime et non un méchant, passe immédiatement du côté du bien et gèle le Roi Scar lui-même, que Kong brise ensuite comme un vieux vase.
Pourquoi c'est important : le film transforme définitivement l'univers en quelque chose de plus proche d'un comics que d'un film d'action fantastique. Ce n'est ni bien ni mal — il faut juste savoir à quoi s'attendre, et il est peu probable qu'on s'écarte de cette voie à l'avenir (du moins dans les suites directes).
Pas seulement au cinéma : « Skull Island » (2023, série animée)
Pendant que les Titans prenaient d'assaut le box-office les uns après les autres, Netflix est venu par un autre côté et a sorti une série animée qui s'est avérée étonnamment sombre, stylée et bien plus adulte qu'on ne pouvait l'attendre d'un dessin animé sur un gorille géant. L'animation a été réalisée par le studio Powerhouse Animation — le même qui a fait « Castlevania » et « Blood of Zeus », ce qui se remarque visuellement dès les premières images.
Ce qui se passe : en 1993, l'adolescent Charlie et son ami Mike, accompagnés de leurs pères, partent dans le cadre d'une expédition scientifique à la recherche de mystérieuses créatures sous-marines. Ils sauvent par hasard de l'eau une fille, Annie — qui, comme on le découvrira plus tard, a grandi sur l'Île du Crâne après avoir fait naufrage étant enfant. À la suite de l'attaque d'un Kraken géant, le navire des héros coule, et ils se retrouvent eux-mêmes sur cette île. Cette parcelle de terre est peuplée de créatures terrifiantes, et au-dessus de tout ce chaos règne Kong, qui, comme nous le savons, a une vie assez compliquée.
L'antagoniste principal de cette série n'est pas un humain ni un Skullcrawler, mais ce même Kraken, une créature marine géante qui bloque toute tentative de quitter l'île et coule tout navire s'approchant du rivage. C'est autour de l'affrontement entre Kong et le Kraken que se construit l'arc final de la saison : Kong ne peut pas combattre dans l'eau, le Kraken ne sort pas sur la terre ferme, et cette situation de blocage n'est résolue que grâce à l'ingéniosité humaine de Charlie — et à la douleur personnelle de Kong, qui a de vieux comptes à régler avec le Kraken.
Ce qui accroche : la série est le projet le plus « kongien » de tout l'univers. Ici, Kong n'est pas un acteur de second plan ni une machine à destruction, mais un personnage à part entière avec une histoire, des attachements et des pertes. Les flashbacks sur son amitié avec une fillette hispanophone décédée, tuée par le Kraken, fonctionnent de manière étonnamment poignante, même par rapport à tous les autres épisodes lacrymaux de l'univers. De plus, la série élargit la mythologie de l'Île du Crâne à travers toute une ménagerie de nouvelles créatures : des caméléons géants à un immense faucon devenu un autre ami de Kong.
Où se situe-t-elle dans la chronologie : les événements de la série se déroulent en 1993, entre l'expédition de 1973 du film « Kong : Skull Island » et la catastrophe de San Francisco de 2014. Par son esprit et son style, « Skull Island » se démarque — c'est une aventure compacte et dense en huit épisodes qui fonctionne parfaitement comme une histoire indépendante, mais qui éclaire le caractère de Kong d'une manière complètement différente de tout ce qui a précédé.
La série « Monarch : Legacy of Monsters »
Première saison (2023)
Pendant que les films rivalisaient d'ampleur de destruction, le streaming Apple TV a discrètement sorti, probablement, le meilleur de ce qui est arrivé au MonsterVerse. « Monarch » est une série pour ceux qui veulent savoir ce que c'est que d'être une personne ordinaire dans un monde où les dieux des peurs enfantines se sont avérés réels.
Structure : l'histoire est racontée sur deux lignes temporelles. Dans les années 1950, le jeune officier de l'armée Lee Shaw (Wyatt Russell) accompagne la scientifique japonaise Keiko lors d'une mission secrète et rencontre pour la première fois les Titans — c'est la raison principale de l'origine de « Monarch ». Dans les années 2010, les demi-frère et sœur Kate et Kentaro Randa (Anna Sawai et Ren Watabe) recherchent leur père disparu et découvrent que leur famille est bien plus liée à « Monarch » qu'ils ne le pensaient. Avec le temps, les deux lignes se croisent autour du vieux Lee Shaw (Kurt Russell, oui, le père et le fils jouent le même personnage).
Particularité de la série : elle maintient délibérément les Titans en périphérie : ici, les monstres ne sont pas les personnages principaux, mais le fond qui détermine la vie des gens. Après la catastrophe de San Francisco, le monde a changé. Les Randa ne s'occupent pas seulement des secrets de « Monarch », mais aussi de la façon de vivre quand la réalité s'est avérée complètement différente.
La finale de la première saison envoie les héros dans l'Axe du Monde — une sorte de portail entre notre monde et la Terre Creuse, après quoi Lee Shaw se « sacrifie » pour que les autres puissent rentrer chez eux.
Deuxième saison (2026)
La deuxième saison a débuté le 27 février 2026 et sort un épisode chaque vendredi. Les enjeux augmentent considérablement : Kate tente de sortir Lee Shaw survivant de l'Axis Mundi — et dans le processus, à travers le portail ouvert, non seulement le héros de Russell revient, mais aussi un nouveau type de Titan inconnu (Apple l'appelle littéralement Titan X), rappelant le Kraken de la série animée « Skull Island ».
Le Titan, que les habitants de Santa Soledad appellent El Gran Dios Del Mar (« Le Grand Dieu de la Mer »), comme nous l'apprenons dans les flashbacks sur Keiko et Lee en 1957, est une créature bioluminescente, des grands fonds et visiblement de mauvaise humeur. Potentiellement le Titan le plus dangereux de tous ceux qui ont précédé King Ghidorah. Pendant que Kong le poursuit sur l'Île du Crâne, la créature s'enfonce dans l'océan — et les événements suivants de la saison tournent autour de la recherche et de la neutralisation de cette menace sur l'eau. Apex est de nouveau en jeu, « Monarch » craque après la mort du directeur adjoint dès le premier épisode, et Godzilla attend son heure.
Qui sont les Titans
La meilleure façon de comprendre la mythologie est de connaître les acteurs clés. Voici les principaux Titans de l'univers :
Godzilla (Titanus Gojira) — lézard radioactif d'environ 120 mètres de haut, vivant dans les profondeurs de l'océan. Se nourrit d'énergie nucléaire, « tire » un faisceau de souffle atomique bleu. Essentiellement, le « système immunitaire » de la Terre. Interagit à contrecœur avec les humains, préférant simplement faire son travail.
King Kong (Titanus Kong) — le dernier d'une ancienne race de grands singes, exterminés par les Skullcrawlers. Plus intelligent que tout autre Titan, capable de communiquer avec les humains par gestes. Utilise une arme — une hache faite à partir de l'épine dorsale de Godzilla. Dans « Le Nouvel Empire », il reçoit une prothèse métallique et la porte avec un plaisir non dissimulé.
Mothra (Titanus Mothra) — un « papillon de nuit » géant, probablement le seul Titan que le mot « gentil » décrit sans guillemets. Biologiquement liée à Godzilla, n'obéit pas à l'appel alpha de Ghidorah, capable de renaître. Dans « Roi des Monstres », elle donne sa vie pour donner des forces à Godzilla.
King Ghidorah (King Ghidorah) — dragon à trois têtes de Mars (ou d'ailleurs dans l'Univers — officiellement inconnu). Le seul Titan « non terrestre ». Chaque tête pense indépendamment. Régénère les têtes coupées. Émet des rayons gravitationnels et contrôle les tempêtes électriques. Principal antagoniste de la franchise — et en un sens, le seul vrai méchant, car il cherche délibérément à détruire la vie sur la planète.
Rodan (Titanus Rodan) — ptéranodon de feu d'un volcan mexicain. Redoutable et puissant, mais quelque peu incohérent dans ses sympathies : il passe facilement du côté du plus fort. On pourrait l'appeler un opportuniste politique parmi les Titans.
Roi Scar (Scar King) — tyran de la Terre Creuse, souverain d'un empire secret de singes. Tient Shimo en esclavage à l'aide d'un cristal de contrôle.
Shimo (Shimo) — Titan de glace d'espèce inconnue, capable de provoquer une nouvelle ère glaciaire. Après sa libération, passe du côté de Kong.
Les humains du MonsterVerse : personnages clés
Si les Titans sont des forces de la nature, les humains dans le MonsterVerse sont la conscience, la curiosité et parfois l'absence totale de bon sens. Voici les principaux acteurs à connaître.
Dr Ishiro Serizawa (Ken Watanabe, apparaît dans les films « Godzilla », « Godzilla 2 : Roi des Monstres ») — patriarche et boussole morale de tout l'univers. Scientifique « monarchiste » de la première vague, survivant d'Hiroshima. Sa phrase « Laissez-les se débrouiller » est probablement la thèse philosophique principale de toute la franchise en deux mots. Dans « Roi des Monstres », il se sacrifie pour réveiller un Godzilla affaibli. Sa mort est la seule dans l'univers qui ressemble vraiment à une perte.
Dr Emma Russell (Vera Farmiga, apparaît dans le film « Godzilla 2 : Roi des Monstres ») — paléobiologiste et, probablement, le personnage le plus ambigu de la série. A créé l'appareil « Orca » pour l'interaction bioacoustique avec les Titans. Collabore avec des éco-terroristes pour réveiller tous les Titans à la fois, croyant que cela « redémarrera » l'écosystème de la planète. Un méchant avec des motivations sincères, ce qui est bien plus intéressant qu'un méchant par principe.
Bill Randa (John Goodman dans le film « Kong : Skull Island » ; Anders Holm dans la série « Monarch : Legacy of Monsters ») — l'un des fondateurs de « Monarch », un homme qui a vu quelque chose d'inimaginable en 1943 et ne peut pas l'oublier depuis. Dans le film de 2017, il se précipite sur l'Île du Crâne sous couvert d'une expédition géologique — et y meurt. La série « Monarch » le montre jeune : obsédé, charismatique, pas toujours honnête avec ses alliés, mais sincèrement convaincu d'avoir raison.
Keiko Randa (Mari Yamamoto, apparaît dans la série « Monarch : Legacy of Monsters ») — scientifique, l'une des fondatrices de « Monarch ». Coincée dans l'Axe du Monde dans les années 50 jusqu'à ce que ses petits-enfants la sortent en 2017. A personnellement rencontré différents Titans.
Lee Shaw (Wyatt Russell jeune / Kurt Russell âgé, apparaît dans la série « Monarch : Legacy of Monsters ») — officier militaire attaché à « Monarch » dans les années 1950, et probablement le personnage le plus tragique de tout l'univers. A passé des décennies à voir ses compagnons vieillir et mourir tandis que lui-même ne changeait presque pas — un effet secondaire du contact avec l'Axe du Monde. Le casting du père et du fils Russell pour le même personnage est l'une des meilleures décisions de « Monarch ».
Kate Randa (Anna Sawai, apparaît dans la série « Monarch : Legacy of Monsters ») — héroïne principale de la série, petite-fille de Bill et Keiko Randa. A survécu à la catastrophe de San Francisco en 2014 (elle y était le jour de l'attaque) et découvre maintenant des secrets familiaux qui s'avèrent bien plus profonds qu'elle ne le pensait. Obstinée, brisée, qui ne renonce pas — un ensemble standard pour une héroïne de drame sur les secrets et les monstres, mais Sawai tire le rôle grâce aux nuances.
Jia (Kaylee Hottle, apparaît dans les films « Godzilla vs Kong », « Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire ») — fillette malentendante, dernière survivante du peuple aborigène Iwi de l'Île du Crâne. Seul humain dans l'univers avec qui Kong communique comme avec un égal — par la langue des signes. Son lien avec Kong est la ligne la plus humaine de tout le MonsterVerse, et c'est elle qui, dans « Le Nouvel Empire », aide Kong à trouver son peuple dans la Terre Creuse.
Bernie Hayes (Brian Tyree Henry, apparaît dans le film « Godzilla vs Kong ») — conspirationniste autodidacte et blogueur qui s'est avéré avoir raison sur tout par hasard. A travaillé comme informateur chez Apex Cybernetics et animait un podcast sur les conspirations avec les Titans — et c'est le seul humain dans l'univers dont la réaction aux événements semble totalement honnête. Le cœur comique du film.
Trapper (Dan Stevens, apparaît dans le film « Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire ») — vétérinaire autodidacte spécialisé dans les Titans, avec des méthodes controversées et un plaisir évident à son travail. Installe une prothèse à Kong directement sur le terrain. Tellement imperturbable face à des monstres de cent mètres qu'on commence à soupçonner un diagnostic. On sait déjà que Dan Stevens apparaîtra dans le film « Godzilla et Kong : Supernova ».
Dans quel ordre regarder
Deux approches sont possibles, et les deux fonctionnent à leur manière.
Par date de sortie (recommandé pour une première vision) :
- « Godzilla » (2014)
- « Kong : Skull Island » (2017)
- « Godzilla 2 : Roi des Monstres » (2019)
- « Godzilla vs Kong » (2021)
- « Skull Island » (animation, 2023)
- « Monarch : Legacy of Monsters », saison 1 (2023)
- « Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire » (2024)
- « Monarch : Legacy of Monsters », saison 2 (2026)
Par ordre chronologique (pour une re-vision) :
- « Kong : Skull Island » (événements en 1973)
- « Skull Island » (animation, 1993)
- « Godzilla » (2014)
- « Monarch : Legacy of Monsters », saison 1 (2015, flashbacks 1950s–1962)
- « Monarch : Legacy of Monsters », saison 2 (2017, flashbacks 1957)
- « Godzilla 2 : Roi des Monstres » (2019)
- « Godzilla vs Kong » (2021)
- « Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire » (2024)
L'ordre chronologique est plus intéressant après une première découverte de l'univers — quand on connaît déjà tous les personnages et qu'on comprend comment les détails s'assemblent. Il est particulièrement curieux de regarder « Monarch » après « Godzilla » de 2014 : les flashbacks de la série remplissent littéralement les zones d'ombre du premier film du MonsterVerse.
Comparaison du MonsterVerse avec les films originaux sur Godzilla

Les films japonais sur Godzilla sont généralement divisés en plusieurs périodes. La première, considérée comme la plus importante, s'appelle l'ère Showa. Godzilla, dans cette ère, a parcouru un cycle complet de narration héroïque. De symbole de la menace nucléaire, destructeur terrifiant de villes, il s'est à un moment transformé en un sauveur effrayant mais bienveillant de l'humanité, puis est devenu une parodie de lui-même (« Le Fils de Godzilla »). Tout a commencé en 1954, lorsque Godzilla — un dinosaure mutilé par les essais d'armes nucléaires — a attaqué Tokyo, et s'est terminé en 1975, lorsque le même dinosaure (en réalité un autre, mais la succession des Godzilla intéresse rarement qui que ce soit) a protégé une deuxième fois la planète Terre de son double mécanique (« Terreur de Mechagodzilla ») et s'est retiré pour un repos bien mérité.

Son repos n'a pas été éternel : en 1986, Godzilla a de nouveau attaqué Tokyo, cette fois encore en tant que métaphore — non plus de la menace nucléaire, mais de la guerre froide. Les dix années suivantes (ère Heisei), le Roi des Monstres a passé en batailles constantes pour le titre : il a affronté Mothra, Battra (le double de Mothra !), son propre double, Biollante et même SpaceGodzilla. Dans tous ces combats, Godzilla sauvait d'une manière ou d'une autre l'humanité, mais généralement contre son gré, sans jamais vraiment s'habituer au rôle de protecteur de la Terre.
En 1998, les Américains se sont emparés de Godzilla et, comme on le sait, n'ont pas maîtrisé la grandeur du monstre d'outre-mer. Le film d'Emmerich est considéré comme un échec exemplaire — des courses dans le métro de New York, ce n'est pas ce qu'on veut voir dans un film sur un monstre de la taille d'un gratte-ciel. Quinze ans plus tard, on a abordé la question avec plus de sérieux, et dans le film de Gareth Edwards, on voit à la fois une connaissance de la mythologie des films japonais et du respect pour elle.
« Godzilla » de 2014 est le plus étroitement lié au film du même nom. Comme dans le film de 1954, chez Edwards, l'essentiel est la terreur devant le Roi des Monstres, l'impuissance de l'homme face aux cataclysmes et, bien sûr, une grande réflexion sur la façon dont les militaires et les politiciens prennent des décisions à l'ère des grandes catastrophes.
Par la suite, tout s'est quelque peu simplifié, la terreur a complètement disparu (quelle terreur quand Godzilla a une crête rose à la mode), mais les vieilles intrigues n'ont pas disparu pour autant.
Par exemple, « Godzilla 2 : Roi des Monstres » emprunte l'intrigue de « Ghidorah, le monstre à trois têtes » de l'ère Showa, un film culte en son genre — une relecture des « Vacances romaines » avec Godzilla, Mothra, Rodan et, bien sûr, King Ghidorah en toile de fond. La finale remarquable du « Roi des Monstres », consacrée aux hautes qualités morales de Mothra, d'ailleurs, duplique la fin du film « Godzilla contre Mechagodzilla 2 », dans lequel, à la place de Mothra, il y avait Rodan.

« Godzilla vs Kong » combine deux intrigues classiques à la fois : l'affrontement du lézard et du singe (du film de 1962) et la confrontation de Godzilla avec son doppelgänger (« Godzilla contre Mechagodzilla » de 1974, « Terreur de Mechagodzilla » de 1975). De plus, comme dans tous les films sur Mechagodzilla, le dinosaure original ne peut pas vaincre sa version améliorée sans l'aide de ses collègues.

Dans « Godzilla et Kong : Le Nouvel Empire », les intrigues classiques se reconnaissent déjà difficilement. Principalement parce que ce film parle davantage de Kong que de son compagnon radioactif, ce qui est bien sûr compréhensible. C'est précisément à travers le MonsterVerse qu'il est très facile de remarquer à quel point les Américains s'intéressent peu à Godzilla, surtout en comparaison avec Kong et son mimétisme évident et son lien émotionnel avec les humains.
Dans le MonsterVerse, après le film de 2014, le principal super-pouvoir de Godzilla n'est pratiquement pas utilisé (et ce n'est pas le rayon de radiation de sa bouche) — l'universalité, la capacité d'être l'expression de n'importe quelle époque, de n'importe quelles angoisses, phobies, catastrophes. Dans tous les nouveaux films, le grand Titan accomplit plutôt une corvée, participant à des mises en scène d'intrigues classiques pour de très grosses sommes d'argent. Cependant, cela s'est déjà produit à l'ère Heisei, et surtout à l'ère Showa. Les créateurs du MonsterVerse essaient, bien sûr, mais pour atteindre le niveau du joyeux bazar de « Godzilla contre le monstre marin », il leur reste, pour ainsi dire, à nager et à nager. Bien que, selon la remarque pertinente que font les scientifiques de « Monarch » dans tous les films, semble-t-il, quoi qu'il en soit, le Roi des Monstres nage assez vite.
Et après

Le MonsterVerse ne semble pas vouloir s'arrêter. Le film « Godzilla et Kong : Supernova » (Godzilla x Kong: Supernova) avec Dan Stevens, Kaitlyn Dever, Jack O'Connell et Sam Neill (celui-ci sait vraiment ce que c'est que d'avoir affaire à d'énormes lézards) se prépare à sortir. La deuxième saison de « Monarch » sort un épisode par semaine jusqu'en mai 2026, et il est déjà clair qu'El Gran Dios Del Mar se prépare à devenir une nouvelle épreuve de grande envergure pour la partie télévisuelle de l'univers — une créature qu'aucun Titan ne peut affronter seul (bien que Godzilla contesterait probablement cette affirmation).
Un spin-off de « Monarch » est également en préparation. L'acteur Wyatt Russell a raconté ce à quoi les téléspectateurs peuvent s'attendre du nouveau projet :
« Je pense que les gens s'attendront à une chose, puis diront : "Bon sang, ce n'est pas du tout ce à quoi je pensais". Le spin-off racontera la vie de Lee [Shaw] après son entrée en service — ainsi que ce qui s'est passé après, pourquoi il était nécessaire et quelle mission il a entreprise. Je suis ravi. Plus ravi que de quoi que ce soit depuis très longtemps ».
La philosophie de l'univers reste la même : c'est une histoire sur le fait que les humains ne sont pas le centre de l'univers, qu'il existe des forces bien plus anciennes et plus puissantes que nous, et que la seule réponse raisonnable à cela n'est pas la panique, mais une tentative de comprendre. « Monarch » en tant qu'organisation et « Monarch » en tant que série parlent tous deux de cela : de la façon dont l'humanité apprend à vivre à côté de ceux qu'elle considérait autrefois comme un mythe.
Et pendant que Godzilla sommeille dans le Colisée et que Kong élève un petit gorille dans la Terre Creuse, quelque part dans les profondeurs de l'océan, quelque chose de très grand et de très mécontent brille. La prochaine rencontre avec les principaux Titans aura lieu très bientôt.
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