Une nouvelle semaine de distribution amène dans les cinémas russes un film de braquage de David Mackenzie (« Sans un bruit », « Le Dispatcher »), un film d'horreur sur un démon en prison et une animation nationale dans le style de David Lynch.
« Braquer Londres » (Fuze)
Par un matin maussade dans le centre de Londres, des ouvriers découvrent une bombe non explosée de la Seconde Guerre mondiale. Un officier démineur (Aaron Taylor-Johnson) est immédiatement envoyé sur les lieux. Pendant que le quartier est évacué en urgence, un groupe de cambrioleurs expérimentés, mené par un gangster local (Sam Worthington), braque une banque. Tout semble être une opération soigneusement planifiée. Mais à un moment donné, le plan bien rodé s'effondre et il s'avère que le cercle des personnes impliquées dans le braquage est bien plus large qu'il n'y paraissait au premier abord.
Un nouveau film de braquage de David Mackenzie, réalisé avec le scénariste Ben Hopkins (« Inside », « Marionnette ») — c'est déjà un gage de qualité. L'auteur prend le meilleur des représentants reconnus du genre et construit un monde criminel personnel. Le film a été tourné dans sa Grande-Bretagne natale et Mackenzie est revenu à une mise en scène réfléchie de chaque scène, tout en réfléchissant au fait que dans une affaire comme un braquage et une tentative de le résoudre, un grand nombre de personnes sont impliquées.
« Fantôme en cage » (Ghost in the Cell)
Dans une prison indonésienne à sécurité maximale, un puissant démon apparaît et tue les détenus. Dans cet établissement spécialisé, le chaos règne depuis longtemps : les condamnés se regroupent en gangs, et l'administration corrompue de la prison ferme les yeux, n'oubliant pas de battre périodiquement les occupants. Mais face à l'ennemi commun, tous décident de s'unir pour tenter de survivre dans un cauchemar grandissant.
« Fantôme en cage » est un projet conjoint de cinéastes indonésiens et sud-coréens. Des premiers, on retrouve la violence habituellement choquante, des seconds, l'exotisme formel des couloirs de prison. Le film est réalisé par Joko Anwar, déjà bien connu dans les milieux comme réalisateur de splatter-horror, avec à son actif une riche liste de productions de genre comme « The 13th Floor » et « La Sorcière : Le Village des Damnés ». Et si quelqu'un va à cette séance dans l'espoir de voir quelque chose entre « Les Évadés » et « Evil Dead », il obtiendra très probablement exactement ce à quoi il s'attendait : un spectacle sans compromis, bruyant, avec un ensemble complet de plaisirs du genre. Roman Kovalev a détaillé le film dans sa critique.
« Inquiétude »
Yasha et Bernard sont deux amis inséparables. Un jour, ils partent en voyage en voiture et, comme il se doit, tournent « au mauvais endroit ». Au milieu de champs infinis se dresse un hôtel solitaire « Rosa », où les amis s'installent. Mais une fois à l'intérieur, ils comprennent tous deux que c'est une réserve paradoxale où le temps s'écoule comme il le souhaite, et où tout le monde autour existe selon des règles qui ne sont même pas expliquées par allusion. En sortir est presque impossible. Il ne reste plus qu'à observer.
« Inquiétude » est une animation russe réalisée en rotoscopie. Le réalisateur Leonid Shmelkov, connu du public pour « Mi-mi-mishki » et « La Vache Orange », se tourne de manière inattendue vers des images surréalistes qui renvoient tantôt aux films psychédéliques de Pat Gavin (« Heavy Metal »), tantôt aux premiers travaux d'Igor Kovalev (« Sa femme est une poule »). L'atmosphère particulière du film est renforcée par la musique de l'avant-gardiste Sergey Kuryokhin — elle sort cette histoire du cadre de la perception habituelle, transformant la projection en une expérience méditative et unique.
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