J'ai connecté un assistant à mon CRM. Juste pour voir ce qu'il dirait de mon pipeline.

Spoiler : Il m'a déçu.

La première chose qu'il a trouvée : plus de la moitié de mes transactions dépendent d'un seul client. Un seul. Je le savais confusément, mais quand on le voit comme un fait, pas comme une impression, ça rend mal à l'aise. Si cette personne dit demain "on fait une pause", la moitié de mon pipeline disparaît.

Ensuite, ça empire. La plus grosse transaction du pipeline, celle sur laquelle je comptais inconsciemment, s'est avérée être un leurre. Ma part y est minime, la probabilité de clôture aussi. L'assistant a calculé une prévision pondérée, et j'ai réalisé que je consacrais à cette transaction une attention qui coûte plus cher que tout le revenu potentiel qu'elle pourrait générer.

Et le plus vexant : une transaction qui va presque certainement se conclure est déjà en statut "lead" depuis longtemps. Avec une probabilité de près de 90 %. Simplement parce que je n'ai pas passé un seul appel. L'assistant, d'ailleurs, n'a pas mâché ses mots. Il a écrit tel quel : "priorité numéro un cette semaine".

Il a aussi trouvé plusieurs transactions sans montant et sans mouvement. Qui donnent l'impression que le pipeline est plein. Mais il ne l'est pas. Il est gonflé. La différence est grande.

Voilà ce qui m'a marqué. En gros, je savais tout cela. Chaque fait individuel m'était connu. Mais je ne les avais jamais vus les uns à côté des autres. L'IA n'a rien dit de nouveau. Elle a simplement rassemblé mes propres données et retiré de l'image mes illusions.

La conclusion est simple : un CRM sans analyse, c'est un bloc-notes. On écrit et on oublie. Mais quand on y connecte quelque chose qui sait compter et qui ne sait pas se mentir à soi-même, on commence à voir son entreprise telle qu'elle est. Pas telle qu'on voudrait qu'elle soit.